Un petit chien de laine    Auteur inconnu

 

C'était un petit chien de laine
Qui avait une queue de coton.
A cause de ce phénomène,
On l'avait baptisé Chiffon.

Son père était un vrai molosse
Qui aimait chiquer la guenille.
Sa mère avait le poil en brosse.
C'est pour ça que tenant d'famille,

C'était un petit chien de laine
Qui avait une queue de coton.
Il la portait comme une antenne
Pour capter les qu'en-dira-t-on.

Un jour son père et puis sa mère
Lui dirent dans leur langage de chien :
- Tu vas rester bien enfermé
Dans le placard d'la salle de bain.

- Où allez-vous ? pleura l'toutou,
J'ai peur tout seul, dans ce placard.
_ Cesse d'aboyer, va te coucher
Ou tu n'auras plus d'épinard.

Et les parents du chien de laine
Partirent la patte dans la main,
Présider au parc Lafontaine,
Une grande exposition d'humains,
'xposition d'humains.

Et le pauv' petit chien de laine,
Tout seul dans son noir cabanon,
Essuyait ses larmes-t-en peine,
Avec sa queue de coton.

Il s'endormit tout comme un gosse,
La tête sur une paire de galoches,
Rêvant que la fée Carabosse
Lui taillait la queue en filoche.

C'était un petit chien de laine
Qui avait une queue de coton,
Dont n'a pas parlé Lafontaine.
Oui, mais là n'est pas la question.

Or, dans l'placard, affreux cauchemar,
Y avait des mites en quantité,
Qu'avaient une faim, une faim de chien,
C'est l'cas d'dire, quelle calamité !

Les v'là qui bouffent les belles touffes,
Lui laissent les flancs à découvert,
Lui rase la tête, ramasse les miettes,
En gardant l'croupion comme dessert.

Quand les parents du chien de laine
Revinrent de l'exposition,
Il ne restait du chien de laine
Qu'une petite queue de coton,
P'tite queue de coton.