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J'aimerais bien être mon chien
Frederik Mey
Ancienne chanson de Frederik MEY, un chanteur folk allemand et
bilingue des années 1970. Son style se situait entre Dylan et Brassens. Il a fait une
carriére en France et en Allemagne sous son vrai nom Reinhard Mey. Il écrivait dans un
style assez poétique. Certaines de ses chansons, comme celle-ci, sont humoristiques. Il
se prend à souhaiter avoir une vie de chien pour échapper aux contraintes du quotidien,
travail, impôts etc.., mais au final, il se rend compte qu'il a un avantage sur son chien
: il est le seul à pouvoir ouvrir le frigo.
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Certains jours, j'aimerais bien être mon chien.
Bien au chaud dans l'édredon, je m'observerais froidement
A m'agiter, paniqué chaque matin,
Et je me rendormirais à ce spectacle fatigant.
Puisque mon unique centre
D'intérêt serait mon ventre,
Que mes seuls efforts seraient mon sommeil et ma digestion.
Mes recherches spirituelles
Mèneraient à ma gamelle.
J'aurais pour seul sujet de tourment et de méditation
La morphologie de mon os quotidien.
Quelquefois j'aimerais bien être mon chien.
Certains jours j'aimerais bien être mon chien.
Je ne me creuserais plus la tête en forme de fuseau
Et en disposant d'un nez comme le sien
Je reclasserais le monde à l'échelle de mon museau,
En personnes hautes ou rampantes,
En bons ou malodorantes.
Et quant aux lécheurs contre qui j'ai toujours eu une dent,
J'attendrais qu'ils me caressent
Puis je leur mordrais les fesses,
Ce que je ne fais que dans les cas extrêmes actuellement,
Car l'état de ma denture est très moyen.
Quelquefois j'aimerais bien être mon chien.
Certains jours j'aimerais bien être mon chien
Les mensonges, les ragots me laisseraient indifférent.
On ne m'attraperait plus comme un crétin
Dans ces discussions idiotes qui me font perdre mon temps.
Qu'on discute, qu'on débatte,
Je lèverais une patte
Pour montrer mon intérêt, pour apporter mon argument.
Plus d'importunes visites.
Si ça sonnait, j'irais vite
Aboyer derrière la porte et je dirais poliment :
" Désolé mais vous êtes venu pour rien
Le patron est sorti et moi je suis le chien. "
Certains jours j'aimerais bien être mon chien.
J'aurais des tas d'avantages sans une ombre de soucis,
Et tout compte fait j'accepterais fort bien
De manger dessous la table et de dormir au pied du lit.
Plus d'impôts, plus de contraintes,
De devoirs, d'ennuis, de craintes.
Mais en tant qu'homme il me reste un talent qui lui fait défaut,
Un don qu'il m'envie sans doute,
Ça le ronge et le déroute,
Car de nous deux, je suis celui qui peut ouvrir le frigo.
Et je savoure ce geste quand je vois
Que parfois mon chien aimerait bien être... MOI !

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